EXTRAITS relatifs à l'Institution
De la page 137 à 180 (annexe 5)
du RAPPORT
de l'Inspection générale de l’éducation nationale
Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche
Évaluation de l’enseignement dans l’académie de Lille
Rapport à monsieur le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
à monsieur le ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche
Synthèse des visites effectuées à Maubeuge établie par Odile Roze (IGAENR)
La présente note a été établie à partir des documents de travail suivants :
• les comptes rendus d’entretiens et les notes de visite d’établissements,
Groupe scolaire Notre-Dame de Grâce Novembre 2004
• l’étude comparative des collèges de Maubeuge rédigée par F. Mallet, (IGAENR)
• la note de synthèse des rapports d’inspection de tous les professeurs de français et de mathématiques enseignant au niveau de la sixième dans les collèges (publics et privé) de Maubeuge. Cette opération d’inspection systématique s’est déroulée à la fin de 2005
La totalité du rapport disponible sur le site du MEN
http://media.education.gouv.fr/file/04/4/3044.pdf
EXTRAITS relatifs à l'Institution
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5.1. L’enseignement primaire
Les traits marquants de la circonscription de Maubeuge sont la baisse démographique et la place de l’éducation prioritaire.
La circonscription comprend aussi deux écoles privées : 26 classes, 625 élèves, soit 24 par
classe. C’est donc une circonscription essentiellement urbaine : les écoles sont de taille
supérieure à la moyenne (6,8 classes par école élémentaire, 4,4 par école maternelle).
La Ville a beaucoup investi depuis 2001 dans les écoles où de gros travaux sur les bâtiments
étaient à faire de façon urgente. Les projets s’orientent désormais sur l’aménagement et la
décoration intérieure, ainsi que sur la restauration (réfection de la cuisine centrale).
La baisse démographique touche particulièrement la circonscription : moins 12 % en cinq ans contre moins 7 % dans le bassin et moins 3,2 % dans le département. Les fermetures de classe touchent maintenant les écoles hors agglomération.
Le taux de scolarisation à deux ans est aussi élevé que possible : 67 % dans la circonscription (59 % dans le bassin, 45 % dans le département). C’est le fruit d’une politique volontariste selon l’inspecteur de l'éducation nationale, chargé de la circonscription, et non de la pratique dite de la variable d’ajustement. Il faudrait voir de plus près la fréquentation réelle des écoles et l’enseignement donné dans les écoles maternelles.
En revanche, l’enseignement des langues vivantes est assuré à 100 % aux élèves de cours
moyen et de CE2 et à 75 % par des enseignants du premier degré. Le problème de la
continuité avec le collège se pose, notamment pour l’allemand dans les collèges de REP qui ne l’offrent plus en LV1.
L’école privée Notre-Dame de Grâce accueille 503 élèves, 155 en maternelle et 348 en élémentaire. Le travail d’équipe des enseignants est très dense, permettant des particularités telles que l’apprentissage d’une langue étrangère dès l’école maternelle, des échanges de service poussés entre la maternelle et l’élémentaire, un vaste défi lecture CM2 et sixième qui facilite
5.2. Les collèges :
• Les caractéristiques globales
La baisse des effectifs
La baisse a été de 16 % en quatre ans (11,4 % dans le département du Nord), soit 528 élèves, soit encore l’équivalent d’un collège.
La différenciation des collèges sur le plan socioprofessionnel
le collège privé est le seul à avoir une répartition de sa population en trois tiers à peu près équivalents.
Les écarts entre les résultats des élèves
…/… quant aux résultats obtenus par les élèves au cours de leur scolarité au collège
seul le collège privé améliore sa position.
• Les politiques d’établissement
…/… le collège privé, qui mixte les deux principes d’organisation en ayant des classes à projet et des classes hétérogènes et qui améliore ses résultats.
Le collège Notre-Dame de Grâce
La moitié des classes de sixième sont des classes « profilées » (classe à projet d’action culturelle, classe bilingue, classe à horaire aménagé, classe dite à projet qui est une classe de remédiation), les quatre autres classes sont indifférenciées.
Il n’y a pas d’adéquation significative entre les PCS et les performances scolaires au sein des classes à profil. En revanche, il n’existe pas de compte rendu individualisé des parcours des élèves pour démentir l’existence d’une « filière de remédiation qui ne dit pas son nom ».
« Le travail en commun des enseignants est fréquent, les échanges autour des élèves réguliers. De nombreux projets pédagogiques sont mis en place, variables selon les années et les classes, les IDD sont obligatoires en cinquième et quatrième, des aides au devoir sont organisées pour quatre classes, des brevets blancs sont organisés en troisième ». En cas de difficultés scolaires, le professeur principal, en accord avec le directeur, peut réunir un « conseil de travail » qui
définit une stratégie pour remédier aux difficultés rencontrées. Le redoublement est davantage utilisé que dans les collèges publics.
La grande cohérence de l’équipe éducative et la stabilité du corps enseignant sont
remarquables : 66 % des enseignants ont plus de dix ans d’ancienneté.
La liaison école-collège et la liaison collège-lycée ont un sens particulier dans cet ensemble scolaire qui comprend une école, un collège et un lycée avec des classes de BTS et des classes préparatoires scientifiques. Le conseil de direction réunit chaque semaine autour du directeur de l’établissement le directeur de l’école, celui du collège, celui du lycée qui est également le responsable de la formation continue et le gestionnaire comptable. Le directeur de l’institution et le président de l’association de parents d’élèves se rencontrent chaque semaine.
• Conclusions et questions
.
…/… les inspecteurs portent un jugement favorable sur les politiques des collèges …/…. et Notre-Dame de Grâce, qui sont fondées sur une plus grande hétérogénéité des classes, plus de travail collectif et une plus grande attention aux élèves
5.3. Les lycées
La ville de Maubeuge comporte deux lycées publics polyvalents, un lycée privé et un lycée professionnel et technologique privé.
Le lycée Notre-Dame de Grâce
L’institution Notre-Dame de Grâce a fêté son 150ème anniversaire. L’établissement est issu de la fusion de plusieurs établissements et de la création du lycée en 1980. La croissance de l’effectif due à ces restructurations est néanmoins terminée et depuis cinq ans l’institution perd des élèves. La baisse, moins importante de deux points environ que dans l’enseignement public, est de 9,6 % sur le total, de 9,4 % sur le lycée. Le lycée prépare aux séries L, ES, S et STT option comptabilité gestion du baccalauréat et aux BTS assistant secrétariat trilingue et assistant de gestion PME-PMI. Il a deux classes préparatoires MPSI et MP. On retrouve la répartition des PCS relativement équilibrée observée au collège : 29 % défavorisées, 39 % moyennes, 32 % favorisées. Le pourcentage de boursiers est de 15 % au lycée mais il atteint 53 % en BTS. La stabilité du corps enseignant est exceptionnelle : les enseignants sont deux tiers à avoir plus de dix ans d’ancienneté et la moitié à être âgés de cinquante ans au moins. Les enseignants sont attachés à l’établissement où ils apprécient le travail en équipe. « Les enseignants sont davantage préoccupés par le devenir professionnel et personnel des élèves qui leur sont confiés que par leurs performances dans la discipline qu’ils enseignent, ce qui est assez rare pour être souligné. La pédagogie de projet est une réalité, ainsi que le travail totale. En commun des équipes pédagogiques ».
L’accueil des élèves est assuré de 7 H 30 à 18 H 30 et le samedi matin.
Le taux de redoublement de la seconde a baissé de 18 % à 12 % en trois ans. Les résultats au baccalauréat sont supérieurs à ceux des établissements publics de l’académie (+ 15 points) et légèrement inférieurs à ceux des établissements privés (- 1,7 points).
Les résultats aux BTS sont bons.
La note de visite conclut comme suit :
« L’Institution Notre-Dame de Grâce est un établissement attachant, qui jouit d’une
reconnaissance locale indéniable, due certes en partie à son caractère « historique », mais aussi et surtout à sa réputation d’obtention de bons résultats tant aux examens, que plus globalement dans l’éducation des élèves qui lui sont confiés. Rien dans cette réputation n’est usurpé, et les points forts de l’établissement sont nombreux.
Comme dans presque tous les établissements privés, où l’inscription d’un élève résulte d’abord d’une démarche volontaire de la famille, ce qui frappe c’est la cohérence des valeurs auxquelles se réfèrent spontanément responsables, enseignants, parents et élèves. La cohérence de l’équipe éducative n’a pas à être affirmée ni travaillée, elle est ici évidente et L’équipe d’encadrement est solide, stable ; elle constitue pour tous, parents, élèves, professeurs une référence forte. Les responsabilités de chacun sont claires, la communication régulière, le fonctionnement d’ensemble est harmonieux…
Malgré un recrutement socioprofessionnel qui reste privilégié par rapport à celui des
établissements publics, des conduites déviantes peuvent exister : il est notable qu’elles ne donnent pas lieu à des stratégies d’exclusion, tant ici le souci des élèves est premier. Le projet immobilier enfin est de nature à accroître la visibilité de l’établissement dans la ville et son attractivité. Toutefois, la difficulté majeure à laquelle est confronté l’établissement tient à la ville elle-même, qui présente la double caractéristique d’avoir une offre de formation très riche, et d’être en perte démographique importante. Au sein du bassin, les établissements privés sont nombreux. On voit mal comment la baisse démographique pourrait ne pas se poursuivre. Dans ces conditions, l’ensemble des structures d’enseignement, qu’elles soient privées ou publiques, sera confronté à des choix nécessaires, à la définition de profils plus affirmés, à l’élaboration de stratégies impliquant des solidarités mieux éprouvées. Le profil de Notre-Dame de Grâce est celui des filières d’excellence (l’établissement est souvent présenté à l’extérieur comme élitiste), telles la classe européenne, la classe à PAC, la classe sports,
7. Conclusions
7.1. Résumé des constats
La gestion du système éducatif est basée sur l’unité école ou établissement. Cette étude menée sur la ville de Maubeuge met en évidence les inconvénients de cette gestion et les lacunes résultant de l’absence de pilotage territorial de l'éducation nationale, qui apparaissent plus visiblement par comparaison avec l’institution d’enseignement privé qui fonctionne comme un « sous-système » éducatif.
7.1.3. Le « sous-système » de l’enseignement privé
En effet, les résultats obtenus par l’Institution Notre-Dame de Grâce ne sont pas imputables seulement aux caractéristiques des familles des élèves (cf. les taux attendus). D’autres facteurs interviennent :
– « L’effet système » de l’institution qui associe dans une même direction l’école, le
collège et le lycée, ce qui donne une grande cohérence à l’encadrement pédagogique et à la continuité du suivi de l’élève.
– L’accord sur un projet éducatif qui dépasse la «question des moyens » pour mettre
en évidence la façon dont les moyens sont mis en œuvre.
– L’existence de profils d’emploi comme ceux des «professeurs relais », responsables de niveau, qui encadrent les équipes pédagogiques et finalisent le travail des élèves par des productions d’envergure.
Extrait de la note de synthèse des IGEN :
« La différence constatée avec le collège Notre-Dame de Grâce du point de vue des résultats ne tient pas uniquement à la meilleure répartition des catégories socioprofessionnelles des parents d’élèves. La qualité de l’enseignement y est supérieure, malgré des moyens plutôt inférieurs (en particulier en ce qui concerne la taille des classes d’une part et les équipements informatiques d’autre part). Ceci n’est pas dû à une meilleure qualification initiale des professeurs mais à plusieurs facteurs : il règne ici plus qu’ailleurs un esprit d’établissement, un partage de responsabilité effectif entre les différents professeurs et l’équipe administrative. Les professeurs, plus confirmés, sont très attachés aux progrès et à la formation de leurs élèves et ils s’y emploient : les devoirs sont nombreux, les corrections sont soignées, les annotations pertinentes et individualisées. Les réunions de concertation sont nombreuses, la remédiation, quand elle est nécessaire, est organisée avec plus d’efficacité qu’ailleurs en raison de la meilleure connaissance des élèves et de la disponibilité des enseignants ».
La totalité du rapport disponible sur le site du MEN
http://media.education.gouv.fr/file/04/4/3044.